« Il ne faut pas penser à l’objectif à atteindre, il faut seulement penser à avancer. C’est ainsi, à force d’avancer, qu’on atteint ou qu’on double ses objectifs sans même s’en apercevoir. »

Bernard Werber (dans La Révolution des Fourmis)


Retroviseur norma

Entre savoir ce que l’on veut, savoir comment y arriver et y arriver vraiment, il y a « savoir 

» et « faire » qui forment un gouffre qui paraît parfois infranchissable.

 

Nous n’allons pas nous concentrer sur le gouffre. Lui, il est là, on ne pourra pas d’un coup de baguette magique le faire disparaître. Si on se concentre dessus, toute notre énergie sera pompée par ce gouffre et nourrit nos blocages. Pendant ce temps, nous ne pouvons pas faire preuve de créativité pour trouver des solutions et des motivants qui vont nous propulser dans l’action. Toutes nos ressources sont accaprées par ce blocage. On se pose alors des questions du genre : "il est profond ce gouffre", "pourquoi moi", "je n'y arriverai jamais",... toutes ces question vont alimenter vos peurs et vos blocages. Pire encore, ce ne sont pas les questions qui vous feront avancer.

 

Nous devons franchir ce gouffre, rester sur place n'est pas une option, c’est alors sur les solutions qu’il faut de concentrer. Il est donc impératif de changer la formule de ses questions : "Comment je vais le franchir ?" est alors la question qui vient automatiquement à l'esprit. A ce moment là, vous vous posez les bonnes questions : elles vous pousseront à l'action !

 

Afin de vous assurer que vos objectifs sont réalisables, vous devez envisager plusieurs solutions (il n'y en a jamais qu'une seule), mais aussi et surtout vous assurer de votre « taux de motivation », car seul ce dernier vous aidera à y arriver. Vous pouvez vous trouver des dizaines d’objectifs, mais si la motivation n’y est pas, votre but est déjà voué à un échec presque inévitable…

 

Commencez par écrire sur une feuille de papier ou dans votre journal intime tous vos objectifs.

Procédez ensuite à une hiérarchisation de priorités. Classez-les en ordre d’importance. De réelle importance pour VOUS ! Mieux vaut choisir un seul objectif et l'atteindre que d'échouer 5 objectifs.

 

Sont-ils assez concret dans votre esprit ?

S’ils sont trop vagues, ils disparaîtront petit à petit et vous causera de nouveaux remords et sentiments de culpabilités inutiles. Vous n’en avez pas besoin en ce moment. Toute une catégorie d’objectifs ne sont pas réalisés parce qu’ils n’étaient pas définis et concrets dans votre esprit. Juste dire, par exemple, « je veux me débarrasser d’une mauvaise habitude » ne suffit pas.

 

Vous pourriez vous poser des questions comme celles-ci :

 

► Quel objectif précisément (ici, par exemple changer une mauvaise habitude) ?

► Pourquoi je le veux ?

► Cette décision est-elle le résultat de ma propre réflexion ou est-elle celle de mon entourage ?

► Comment vais-je y arriver, quels moyens je me donne ? Quelles sont mes ressources ?

► Cet objectif m’inspire-t-il ?

► Visualisez votre vie une fois l’objectif atteint. Imaginez-vous alors : « Qu’est ce qui a changé dans ma vie » ?

► En ais-je parlé avec mes proches ?

► Est-ce que je crois sincèrement en moi ?

► Mon objectif est-il « atteignable » ?

► Quel laps de temps je m’accorde pour y arriver ?

► ...

 

Il est nécessaire de temps à autre de marquer un temps d’arrêt pour évaluer votre progression. Pas facile si on a « la tête dans le guidon » à longueur de journées.

 

Pour illustrer mon message, j'aime partager la métaphore du « pare-brise et du rétroviseur ».

Imaginez la taille du pare-brise d'une voiture, imaginez-vous assis confortablement dans une voiture et visualisez dans votre esprit la taille du rétroviseur.


Quelle est la proportion du rétroviseur par rapport au pare-brise ?

Pourquoi est-il si petit, mais pourtant si indispensable ?

Que se passerait-il si vous ne regardiez qu’en arrière ?

 

Réfléchissez bien avant de continuer à lire et donnez-vous les réponses à voix haute.

Lisez ensuite le reste de l’article.

 

retroviseur-Grand.png

La taille du rétroviseur (qui nous permet de regarder en arrière) est une belle image de l'importance que nous devrions donner au passé : il ne faut pas le renier ni tenter de l'oublier, c'est aussi insensé qu'impossible. Nous pouvons en effet porter un regard en arrière, sans rester figé sur cette image. Si c'est le cas, l’accident est alors inévitable ou vous choisissez de freiner et resterez immobile pour un bon bout de temps.

 

Si votre rétroviseur était aussi grand que le pare-brise, il obstruerait complètement la vision en avant : vous ne regardez qu’en arrière, vous êtes paralysé dans tous vos efforts de vouloir avancer. La volonté y est, mais vous ne le pouvez pas : vous ne voyez plus devant… Cela vous semble impossible, et vous avez raison. Votre regard ne va pas dans le bon sens.

 

Le regard en arrière doit se limiter aux informations strictement nécessaires à votre progression et votre protection. De temps à autre, jeter un œil en arrière vous aide à vous sentir en sécurité, à vous rappeler des leçons apprises du passé, à vous positionner par rapport au point où vous étiez il y a « quelques minutes » (comprenez : semaines, mois, années)

 

Il n’y a pas de meilleur sentiment pour un conducteur de voiture de sport arrêté à un feu rouge, que d’accélérer dès que le feu passe au vert et, au bout de 100 mètres, jeter un bref regard en arrière pour voir au loin toutes les autres voitures encore immobiles. Quelle euphorie ! (Les lecteurs masculins seront plus sensibles pour cet exemple )

 

Aussi, il est important de se fixer quelques objectifs « intermédiaires » qui vous aideront à atteindre l’objectif « principal ». Ainsi, échelon par échelon, vous pourrez constater une progression qui continuera à vous motiver.

C'est comme un voyage en vacances : vous faites des étapes, vous vous arrêtez "pour faire le plein" et "vous dégourdir les jambes". Las vacances, ça commence par le trajet et profiter de la route et des différents paysages qui d'ouvrent à vous.

 

Il y a quelques années de cela, j’avais organisé une « randonnée survie » pour adultes d’une entreprise dont le but était de stimuler l’unité de l’équipe et d’en comprendre son importance dans la réalisation des objectifs.

 

L’un des participants était vite dépassé par la rapidité du reste de l’équipe loin devant lui. Sa surcharge pondérale le paralysait considérablement. C’est du moins ce que nous croyions tous les deux. Il n’arrêtait pas de répéter « je n’y arriverais jamais » ou encore « c’est beaucoup trop loin, laissez-moi ici »,… C’est à ce moment que j’avais compris ce qui le limitait, ce n'était pas essentiellement son poids qui le freinait, mais surtout sa vision et ses croyances limitantes !

Il regardait constamment la crête de la haute colline et tous ceux qui y étaient déjà à nous attendre. En plus, il culpabilisait, pensant qu'il pénalisait le reste de l'équipe. Il ne se concentrait pas sur l’objectif à atteindre. Un recadrage était indispensable.

 

Je lui proposai alors de ne plus se concentrer sur l’objectif final, mais d’avancer d’arbre en arbre. Une fois chaque arbre atteint, il ne devait se concentrer que sur l’arbre suivant, à quelques mètres devant lui. Le courage remplaça le découragement et le parcours était devenu, comme par magie, bien plus simple ! Ni la difficulté, ni la surcharge pondérale avaient disparus, mais sa vision avait changé et il se félicitait à chaque étape intermédiaire, ce qui lui donna du courage. Il allait de "petites réussites en petites réussites".

 

La notion de récompense est vitale dans ce processus, c’est alors que je lui proposai de se retourner tous les dix à quinze arbres afin de constater sa progression. C'est l'effet du rétroviseur que je viens de vous évoquer : regarder de temps en temps.

Il n’en revenait pas : il avait considérablement avancé ! Pourtant, la pente et la distance totale étaient, eux aussi, les mêmes. La topographie des lieux n’avait pas changé. Sa vision, oui. Les traits déconfits de son visage avaient fait place à la joie et le sourire : il gagnait en confiance à chaque pas. De temps en temps nous jetions un regard bref vers l’objectif final, pour rester dans la bonne direction, pour aussitôt revenir aux « arbres ».

 

Une fois arrivé en haut, ses collègues, qui nous attendaient, l’ont chaudement applaudit : la récompense et reconnaissance ultime et la vue au loin tellement belle !

 

Un « grand » objectif doit être atteint en passant par plusieurs autres « petits » objectifs qui vont, bien entendu dans le même sens.

 

N’hésitez pas à vous féliciter des efforts fournis : vous pouvez être fier de la distance que vous avez parcourue. Dans ce cas précis, regarder en arrière et constater le chemin parcouru est motivant et positif !

 

Parfois, nous restons immobiles ou bloqués parce que nous nous posons les mauvaises questions ou que nous n’avons pas les priorités à la bonne place. Une question judicieuse peut vous changer la vision de votre objectif.

 

Un coach peut vous aider dans ce processus, il est formé, il a les outils nécessaires. Si vous n’y arrivez pas, n’hésitez pas à vous faire coacher !

 

Votre serviteur dans l’optimisme et motivateur,

 

Michel Poulaert.

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