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Source d'Optimisme

Jacques Salomé répond à vos questions

16 Avril 2013 , Rédigé par Michel POULAERT Publié dans #Articles bien être

Capture-d-e-cran-2013-04-16-a--13.05.31.pngVous avez pu lire dans ces pages une interview exclusive de Jacques Salomé (ici). Nous sommes allés plus loin : nous vous avions demandé, vous les lecteurs, de nous transmettre les questions que vous aimeriez poser à l’un des plus éminents psychosociologues francophone et l’un des plus charmants et accessible.

Michel POULAERT : Cher Jacques Salomé, j’ai proposé à mes lecteurs de vous poser, à leur tour, leurs questions. Pour eux, il s’agit d’un moment où ils peuvent recevoir une réponse personnalisée de votre part et indirectement avoir un contact avec vous.

Voici les questions les plus généralistes que j’ai sélectionné :

Marie-Laure F. : Peut-on vivre un amour fou sans devenir fou ? 
Comment apprendre à donner et se donner corps et âme sans se perdre ?


Jacques Salomé : Ce que l’on appelle l’amour fou est souvent un amour terroriste, qui envahit tout l’espace d’un être et surtout d’une relation.  C’est dans mon expérience, une déviance  trop souvent malsaine de l’amour.

Car si l’amour est don, il s’offre totalement, avec bien sûr l’espoir d’être reçu par l’autre et amplifié pour l’amour de l’être aimé/e. Il n’y a donc pas de risque de se perdre.
Pour compléter mon point de vue, je suis indigné quand j’entends l’expression « tomber amoureux ou tomber amoureuse ! » On ne tombe pas en amour, on s’élève !

Hortensia G. : Où se trouve le "Pays de l'Amour"? 
Quelles sont ses lois? 
Combien de temps doit-on voyager pour y arriver? 
Ça met longtemps? 
S'il est vrai que nous abandonnons le Pays de l'Amour dans l'enfance, y-a-t-il moyen d'y revenir?

Jacques Salomé : Quand je parle des pays de l’amour, j’utilise cette métaphore pour tenter de montrer que les amours sont multiples suivant l’âge où l’on entre en amour, suivant les expériences antérieures, suivant l’accord (au sens musical du terme) qui va exister entre l’amour offert et l’amour réponse de l’autre.

Il faut parfois tâtonner, s’égarer ou se trouver pour entrer à plein cœur, dans l’un ou l’autre des pays de l’amour de notre histoire.

Les amours enfantines sont souvent (rétrospectivement) idéalisés. Il arrive parfois que quelques uns font preuve d’une intensité étonnante, mais la plupart sont des amours infantiles dans le sens d’immatures.

Catherine P. : À travers votre longue expérience où vous avez vu apparaître un changement dans la communication entre les êtres, que pensez-vous de cette émergence de toute cette pensée positive, tous ces stages de développement personnel ?
Avez-vous une clé, une méthode pour choisir celui qui nous corresponds vraiment ?

Jacques Salomé : Je suis assez prudent avec ce que j’appelle le « marché de l’intimité » où l’on trouve de nombreux stages qui tentent de vous vendre du bonheur et du mieux être. Des illusions de mieux être, des recettes pour un savoir être, de vous proposer les clés d’un développement personnel qui va transformer votre vie et vous garantir apaisement de vos angoisses, dépassement de vos manques ou même développement de pouvoirs mentaux.  Pour le dire plus crument, il y a beaucoup de pseudos thérapeutes dans beaucoup de pays.

Je pense qu’il est possible d’entreprendre, avec un accompagnant formé et compétent (thérapeute ou formateur, en individuel ou en groupe)  un travail sur soi, pour une meilleure conscientisation de ses comportements, pour une clarification possible des pièges ou des répétitions concernant ses auto saboteurs, pour une meilleure écoute de soi même et par là même de l’autre.  

Barbara S. : Au vue de votre expérience (qui pour moi est grande), si vous avez atteint atteint une part de sagesse que vous souhaitiez atteindre (ou pas). Si vous savez qui vous êtes réellement, si vous avez vécu la plupart des choses que vous avez voulu vivre et qu'aimeriez-vous vivre encore ?

Jacques Salomé : Ce que j’aimerais vivre, ne me concerne pas directement, car j’ai fait un long chemin et je me sens apaisé et comblé dans beaucoup de domaines. Mais mon rêve, serait que l’on enseigne un jour la communication relationnelle comme une discipline à part entière dans tout le cursus scolaire. Je considère qu’une communication  vivante, stimulante et en réciprocité est le meilleur antidote contre la violence et l’auto violence.

Barbara S. : Que pourriez nous conseiller pour vivre le moment présent? (Parce que, j'ai beau lire, apprendre... c'est vraiment quelque chose pour lequel j'ai du mal, quand bien même la volonté est là. Mais je sais que j'y arriverai :)

Jacques Salomé : Pouvoir vivre le moment présent, n’est pas lié à la volonté, mais aux résultats d’un travail archéologique sur notre histoire, c’est avoir pu se réconcilier avec son passé et en particulier avoir nettoyé les contentieux parfois importants avec nos parents. C’est aussi ne pas s’évader ou fuir dans un futur fantasmatique ou ne pas se laisser enfermer dans un futur persécutoire, vécu comme aliénant.

Florence S. : Quelle est votre définition de l’Amour ?

Jacques Salomé : L’amour pour moi, est d’ordre vibratoire. Quand nous sommes habités par cette vibration qui nous pousse, nous transporte vers un être unique, reconnu comme pouvant soit accueillir notre amour, soit être porteur d’un amour qu’il pourra nous donner en réciprocité.

La meilleure image que j’ai actuellement pour comprendre l’amour, est l’image musicale : L’amour chez l’un, semblable à une note de musique, l’amour chez l’autre, semblable à une autre note de musique. Et quand ces deux notes puissent se rencontrer, s’accorder, s’harmoniser et faire, ensemble, du Mozart ou du Schubert ou du Jean Ferrat ou Barbara !

C’est ce que je souhaite à chacun, de rencontrer en soi un amour qui s’accorde avec l’amour de l’autre.

J’ai décrit cela dans un roman, plusieurs recueils de poésies et dans mon dernier ouvrage : Voyage aux pays de l’amour. (Ed de l’Homme 2013)

Agnès B. : Comme beaucoup, j'ai lu Jacques Salomé, je suis allée l'écouter à plusieurs reprises en conférence. (la première fois, en 1987 ou 1988...aïe ! ouille !!! 25 ans !!! : le stage s'appelait : "Soigner par la tendresse", et le second "Parler à un enfant c'est parler à l'enfant qui est en nous ") ; j'ai lu et appliqué au mieux dans ma vie de professionnelle de la petite enfance, de mère, de femme.... Son travail, ses écrits, ce qu'il explique, le pouvoir du symbolisme pour apaiser, la responsabilité à chaque bout du lien de la communication sont de véritables outils pour un mieux être pour soi et avec l'autre. J'aimerai le remercier de tout ce travail merveilleux qu'il partage.
Très souvent, dans ses conférences, il exprime le rêve que sa méthode soit enseignée à l'école.

Ma question est toute simple : " Monsieur Salomé, avez vous tenté de présenter ces outils à l'éducation nationale, à un ministre de l'éducation... qu'en est -il de ce rêve ? "

Jacques Salomé : Tout d’abord merci de votre engagement et de votre enthousiasme pour les relations humaines.

OH oui, j’ai présenté à plusieurs reprises, la Méthode ESPERE® qui contient toute l’approche que je propose pour développer une communication relationnelle permettant de déboucher sur une Ecologie Relationnelle vivante et transmissible.

J’ai même été décoré par deux fois, par deux Présidents de la République, (un de gauche et l’autre de droite) !!!! Officier dans l’Ordre National du Mérité (ce qui n’est pas rien) mais qui correspond à ce que ma dit une de mes filles plus lucide que moi « Papa,  on t’as mis au placard avec deux belles décorations ! ».

Je ne crois plus que le changement viendra du haut et surtout des politiques, je crois qu’il viendra des enseignants et des parents, qui un jour, je le souhaite de tout mon cœur, descendront ensemble dans la rue, pour demander que l’on introduise un enseignement de la communication relationnelle à l’Ecole, dès la maternelle !

Si l'on se mettait tous à rêver de cela... quelle avancé incroyable pour les adultes demain...

Au delà du rêve, de la prise de conscience, il faut plus, de l’action solidaire.

Ma grand mère disait « j’avais pris conscience que le pneu arrière de mon vélo était dégonflé, c’est curieux cela ne l’a pas regonflé !!!! ».

Gémilou : Merci pour votre livre "LE COURAGE D’ÊTRE SOI" que j'ai bien apprécié.
Quel serait selon vous le meilleur héritage que vous laisseriez aux humains s'il arrivait que vous nous quittiez un jour ?

Jacques Salomé : Je crois que je laisserais outre mes cinq enfants (nos enfants sont notre part d’éternité) je laisserais en héritage, quelque 64 livres sur des sujets qui sont au cœur des préoccupations des hommes et des femmes d’aujourd’hui.

Un travail de réflexion sur l ‘amour et le couple, sur la relation aux enfants, sur la communication à l’école, dans le monde du travail, dans la vie quotidienne. Et pour le plaisir de l’âme, quelques recueils de poésies pour mieux se relier au divin qui habite chacun. Quelques balises pour arrêter de maltraiter cette belle planète bleue, la Terre pour qu’elle ne devienne pas la planète Taire !

Michel Poulaert : Au nom de tous les lecteurs et moi-même, je vous remercie du fond du cœur pour vos réponses claires, personnelles et sincères !

 

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